Suite des aventures de Jaridan & Peek
La forêt profonde
🎲 Ayant perdu les notes sur les conflits, il ne reste plus que le récit.
Jaridan et Peek avancent dans la forêt au hasard en tentant de se repérer aux lueurs qui pointent dans les frondaisons de plus en plus épaisses. Mais Yelm baisse de plus en plus, prêt à retourner une fois de plus dans le monde des Ténèbres conformément à la loi cosmique du Grand Compromis.
Blessés, fatigués, ils marchent en silence en tenant leurs montures par la bride. Les bruits environnants ne sont pas là pour les rassurer. Ils semblent cernés par une vie intense qu’ils ne voient pas, hormis de temps à autre: un écureuil qui se faufile, un buisson qui frémit, des feuilles qui bougent, un oiseau qui chante, un insecte qui stridule.
Ils finissent par faire une pause. Assise sur un rocher moussu,
Peek regarde autour d’elle: “Quel endroit étrange et oppressant!”
Jaridan répond en mordant dans un morceau de viande séchée: “C’est sûr que ca ne ressemble pas beaucoup aux grandes plaines de Prax d’après ce que j’en ai entendu.”
Peek aiguise ses flèches: “Tu étais déjà allé dans la forêt toi? Quels dangers nous guettent?”
Jaridan: “Nous allons parfois dans les bois mais jamais très loin. Nous coupons des arbres pour construire nos maisons ou pour nous chauffer l’hiver. Seuls les fous ou les proscrits s’aventurent au-delà. C’est le royaume d’Aldrya la grande Déesse des Elfes.”
Peek: “des Elfes ? Ils existent vraiment alors ? Et tu en as vus?”
Jaridan: “Jamais.. mais la petite créature que l’on a secourue leur ressemblait. On dit qu’ils sont à la fois homme et plante. On dit qu’ils détestent les hommes car ceux-ci détruisent leurs forêts.”
Peek: “on dit aussi beaucoup de choses sur nous les Nomades .. moi je ne crois que ce que je vois ou ce que les grands esprits me soufflent.”
Jaridan: “Chutttt!”.
Peek et Jaridan saisissent leurs armes car ils ont entendu un bruit alentour puis soudain les feuillages s’écartent autour d’eux et ils voient avancer en cercle à une distance d’une vingtaine de pas, des humanoïdes armés de piques et d’arcs, aux armures d’écorce, aux boucliers en forme de longues feuilles.
Ils sont élancés, leur peau ressemble à du bois, leurs yeux n’ont pas de pupille, mais ressemblent à des fruits bruns, certains ont de la mousse en guise de cheveux, d’autres des feuilles. Ils sont une vingtaine et avancent lentement, inexorablement. Peek et Jaridan se mettent dos à dos, prêts à défendre chèrement leurs vies. Les Elfes, car il s’agit bien d’une troupe d’Elfes s’arrêtent à dix pas de Peek et Jaridan.
Un des leurs s’avance et commence à parler. Le phrasé est étrange, mélodieux et lent, comme une mélopée. “Oooou aaaaanimaaaaaal mauvaaaaaais oooooooreilles feuuuuuille?”
Fta-Ah commence à s’agiter et donc Peek essaie de la calmer. Jaridan essaie lui de comprendre ce que l’étrange créature semble leur demander.
Jaridan répond: “Moi pas comprendre, moi pas danger!” en mettant sa main sur son coeur.
Les Elfes semblent se méprendre sur ses gestes ou ses paroles et certains bandent leurs arcs. Fta-Ah s’agite de plus en plus. Peek tente de l’apaiser. Les elfes voit la nomade entonner un chant d’apaisement à l’antilope.
Celle-ci se couche sur les pattes avant calmée. Quelques elfes débandent leurs arcs peut-être eux-même apaisés par le chant de Peek.
Peek profite alors de cet avantage pour déclarer: “Nous, perdus, nous, blessés, nous, amis”. Et elle se met à genoux en déposant ses armes et en invitant Jaridan à faire de même en signe d’humilité.
Le temps est comme arrêté. Soudain on entend un petit frémissement et l’on voit la petite créature que Peek et Jaridan ont sauvé des griffes de l’alynx, émerger de la forêt. Elle se dirige vers un des guerriers en retrait, se pose sur son bras et lui parle dans une langue cristalline. L’homme se met alors à parler dans une langue d’une telle beauté que des frissons agitent les joues de Peek et de Jaridan.
Quand il parle, la forêt elle-même semble répondre à ses paroles et on a l’impression que tout ce qui est végétal vibre à l’unisson. “Arbre pousse” dit l’elfe qui semble connaitre quelques mots theyalans.
Jaridan et Peek ne comprennent pas mais son geste leur intime de se relever. Des elfes s’approchent et récupèrent leurs armes. Ils semblent y toucher comme si c’était un poison. Puis d’un claquement de langue et en indiquant une direction, les elfes les invitent à bouger. Peek et Jaridan mènent leurs montures par la bride cernés par des guerriers derriere, sur les côtés et devant et commencent à avancer dans la forêt profonde.
Peek déclare: “tu vois Jaridan, je ne crois que ce que les grands esprits me soufflent”

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