Théisme

Habiter le monde
Le théiste vit dans un monde où les Dieux ont déjà accompli les gestes qui donnent sa forme au réel.
Les mythes ne racontent pas seulement ce qui s'est passé autrefois. Ils montrent comment agir maintenant. Face à l'épreuve, le théiste cherche donc à reconnaître dans sa propre Situation quelque chose des actes de son Dieu, de ses Runes, de ses ennemis et de ses alliés.
Il ne demande pas nécessairement au Dieu de venir changer le monde. Il cherche à agir de telle sorte que le monde puisse reconnaître le geste du Dieu dans le sien.
Les autres peuvent les traiter d'esclaves des Dieux, de moutons ou d'adorateurs de faux dieux.
Lire le tirage
- Chaque dé pair compte comme une Réussite.
- Chaque 6 manifeste un soutien divin : il permet de relancer un dé impair.
- Si cette relance produit un nouveau
6, le soutien se poursuit. - S'il ne reste aucun impair à relever, un
6peut faire apparaître un nouveau dé à lancer.
Un 6 n'est donc pas seulement une bonne face.
C'est le moment où le geste du protagoniste rencontre celui du Dieu et où quelque chose de plus grand que lui commence à agir dans la Situation.
Quand la Vision vacille ou s'accomplit
Le Silence du Dieu — Vision affaiblie
Les dés pairs produisent toujours leurs Réussites, mais les 6 ne provoquent plus aucune relance.
Le théiste peut agir conformément à ce qu'il sait et à ce qu'il est, mais aucun écho divin ne lui répond.
Le Dieu n'a pas nécessairement disparu. C'est peut-être le protagoniste qui ne parvient plus à reconnaître sa présence.
Marcher dans le Mythe — Vision héroïque
La forme la plus simple de cette lecture héroïque permet à chaque dé pair de relancer un impair. Le 6 conserve alors son privilège ordinaire : s'il ne reste plus d'impair, lui seul peut faire apparaître un nouveau dé.
Des Héros ou des puissances plus proches encore du Mythe peuvent agir à une échelle supérieure : le 4, voire le 2, peuvent alors eux aussi faire apparaître un nouveau dé lorsqu'il ne reste plus d'impair. Cette échelle est fixée par la fiction avant le tirage et demeure stable tant que le rapport du personnage au Mythe ne change pas.
Le soutien divin ne surgit plus seulement dans l'exception du 6.
Tout geste juste peut prolonger le geste mythique.
Le héros ne se contente plus de demander l'aide de son Dieu : durant cet instant, ses actions elles-mêmes semblent trouver naturellement leur place dans le Mythe.
Où porter le regard
Cherchez les 6.
Lorsqu'un 6 apparaît, ne le lisez pas seulement comme une relance. Demandez-vous : quel aspect du Dieu vient de reconnaître ce geste ?
Et lorsque les relances s'enchaînent : jusqu'où le protagoniste est-il en train de marcher dans les pas du Dieu ?
Exemple joué
Une initiée d'Orlanth doit franchir une crête battue par une tempête pour prévenir son clan. Quatre Mises sont retenues.
Elle obtient :
1 · 3 · 4 · 6
Le 4 et le 6 donnent deux Réussites. Le 6 permet de relancer un impair. Le 3 devient 6 : cette nouvelle manifestation donne une troisième Réussite et permet une nouvelle relance. Le 1 devient 2.
Quatre Mises, quatre Réussites.
Ce qui aurait pu être décrit comme une simple traversée réussie peut maintenant apparaître autrement : pendant quelques instants, le vent lui-même a semblé reconnaître une fille d'Orlanth.
CONCEPTION — Pourquoi cette lecture ?
Le Théisme transforme une Réussite exceptionnelle en continuité mythique. Le
6n'ajoute pas simplement de la puissance : il relève ce qui avait échoué et peut entraîner une chaîne de manifestations.Le mode héroïque pousse cette logique jusqu'à son terme. Lorsque tous les succès peuvent relever les échecs, la frontière entre l'action du héros et le geste mythique devient beaucoup plus mince.