Aller au contenu principal

Portrait vivant

Ce Portrait représente Talimar exactement à la fin de la Session 2. Il reprend les acquis de la Session 1 et ajoute ce qui s'est explicitement inscrit dans son Portrait pendant cette séance.

« Les choses sont. Même contraires, elles sont là, ensemble. »

« Les oreilles entendent, les yeux voient, la tête comprend, Lhankor Mhy sait. »

Talimar, dit Tal — homme, 20 ans — Sartarite du clan du Héron Gris, jeune initié de Lhankor Mhy.

Runes​

Air — le milieu​

Tal se reconnaît dans l'espace entre les choses : terre et ciel, haut et bas, nuages, vent, Lune et étoiles. L'Air reste aussi, loin du clan, le rappel sensible de ses racines.

Loi — ce qui lie​

Tal comprend la Loi comme ce qui relie les choses sans abolir leurs différences.

À Jonstown, cette compréhension rencontre une limite nouvelle : la Loi ne demande pas au Sage de rendre le monde plus net qu'il ne l'est. Une situation peut demeurer incertaine sans cesser d'appartenir à un ordre que l'on doit regarder honnêtement.

Vérité — ce qui met en mouvement​

La Vérité reste ce qui oblige Tal à chercher.

Sa première enquête comme Sage Gris lui apprend à distinguer plus rigoureusement chercher la Vérité et prétendre la posséder. La fin de l'affaire ajoute une difficulté : rapporter exactement un témoignage n'est pas la même chose qu'en décider soi-même la valeur.

Jeune Sage Gris​

Tal commence à exercer concrètement ce qu'il a appris auprès d'Hendrik, fils d'Enderos.

  • curiosité insatiable ;
  • distingue ce qu'il sait de ce qu'il croit savoir ;
  • peut soutenir plusieurs hypothèses sans en faire prématurément une vérité ;
  • apprend à formuler précisément ce qui est attesté et ce qui ne l'est pas ;
  • tablette aux sept différences, conservée depuis sa rencontre avec Hendrik ;
  • couteau ancestral donné par son père.

Jonstown transforme aussi ce que ce Chapitre signifie pour lui. Tal avait surtout rencontré Lhankor Mhy par les mythes, les textes, les questions et la recherche du savoir. Sa première enquête lui montre un Sage Gris appelé hors de la Bibliothèque parce qu'une communauté a besoin de quelqu'un pour recueillir des témoignages, examiner des faits, rappeler ce que la Loi permet d'affirmer et trouver une formulation sur laquelle des gens pourront ensuite agir.

Le savoir n'est donc pas seulement ce que le Sage conserve ou découvre. Il engage une responsabilité envers ceux qui devront vivre avec ce qu'il dira.

Héron Gris et routes du Tarsh​

Tal est fils de Calimar et Urestona, carls du clan du Héron Gris, de la tribu Colymar.

Son oncle Grimar, marchand, l'a emmené jeune au Tarsh. Tal y a découvert une civilisation lunaire qu'il admire par certains aspects et rejette par d'autres. Cette contradiction reste l'une des tensions profondes qui le mettent en mouvement.

Parmi les personnes et appartenances qui comptent :

  • Calimar et Urestona, ses parents ;
  • Grimar, son oncle marchand ;
  • Hendrik, son maître ;
  • le clan du Héron Gris ;
  • le vieux Sage Gris traditionaliste du clan.

Mythe de Lhankor Mhy — la quête de la connaissance​

Tal a retenu cinq gestes du mythe enseigné par Hendrik :

  • distinguer ce qui est vrai ;
  • se souvenir de ce qui a été appris ;
  • conserver le savoir par l'écriture ;
  • chercher ce qui manque ;
  • continuer à chercher, même lorsque l'on sait déjà.

Son initiation l'a relié à Lhankor Mhy. À Jonstown, le premier de ces gestes gagne une précision vécue : lorsqu'une chose n'est pas établie, le Sage doit aussi savoir dire qu'il ne sait pas.

Traces​

L'initiation​

Tal comprend désormais ce qu'il avait d'abord nommé Harmonie comme une intuition de la Loi, et ce qu'il avait nommé Mouvement comme l'élan de sa quête de Vérité.

La question « Dis-moi ce qui ne va pas » reste attachée à son expérience de Lhankor Mhy et à sa manière de regarder le monde.

Jonstown — dire exactement ce que nous savons​

À la Maison de la Paix, Tal participe à sa première enquête comme jeune Sage Gris. Beren est mort au cours d'un raid de bétail ; Karest est grièvement blessé ; les témoignages et le corps permettent de réduire l'incertitude sans établir si Beren avait cessé de combattre au moment du coup mortel.

Tal découvre que la Vérité n'exige pas l'omniscience. Elle exige aussi de ne pas attribuer au monde davantage de certitude que ce qu'il donne.

Il inscrit dans son Portrait :

« Ne chercher et ne rapporter que les faits avérés. »

Hendrik y ajoute une précision qui compte désormais tout autant : lorsque les faits ne sont pas avérés, il faut savoir rapporter aussi « nous ne savons pas ».

Jonstown — ce que les hommes font d'une vérité incomplète​

La nuit précédant l'entretien de Karest, Tal ne parvient pas à abandonner l'affaire. Il sort seul et, avant de rôder autour de la Maison de la Paix, accomplit un petit rituel de vigilance adressé à Lhankor Mhy. Il surprend alors une parole spontanée de Karest — « Il avait encore le couteau » — sans en faire une preuve automatique.

Le lendemain, Karest répète la même affirmation dans son témoignage officiel. Tal dispose désormais de deux témoignages concordants sur le couteau et le geste de Beren, mais l'incertitude autour de « Ça suffit » demeure.

Lorsqu'il remet finalement l'enquête aux représentants des clans, Tal découvre une autre frontière. Il peut rapporter ce que Darin a affirmé, préciser les conditions dans lesquelles il l'a entendu et dire ce que l'enquête permet ou non d'en conclure. Mais minimiser lui-même la valeur du témoignage revient déjà à franchir une étape qui appartient au jugement de ceux qui doivent agir.

L'assemblée corrige cette distinction, puis poursuit sans obtenir de vérité totale : les Greenhaft reconnaissent une dette pour la mort survenue pendant leur raid ; les Blueberry n'exigent pas que Karest soit déclaré meurtrier sur la base d'un abandon du combat qui n'a pas pu être établi.

Tal reste avec une nouvelle curiosité : que font les hommes quand on leur donne une vérité incomplète ?

Et son petit rituel nocturne laisse une formule qui lui appartient désormais :

« Les oreilles entendent, les yeux voient, la tête comprend, Lhankor Mhy sait. »